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Lorsque
je pense à tous les gens ennuyeux dont j'aurais pu épouser
la fille, je remercie Dieu Tout Puissant que mon beau-père ait
été Hans Ruesch ! J'ai obtenu plus de stimulation en discutant
avec lui pendant une demi-heure qu'en discutant avec certaines personnes
pendant toute leur vie.
Il fut un homme brillant et compliqué et un des rares penseurs
vraiment original que j'aie connu, il a été un individu
déterminé - un homme aux multiples facettes : un pilote
de course automobile d'un toupet suicidaire, l'auteur de six romans délicieux,
et bien sûr le réformateur pionnier du domaine scientifique
et médical, dont le monde se souvient et ne pourra
l'oublier. Et ce que je respecte particulièrement est qu'il a atteint
l'excellence dans tous les domaines où il s'est exercé.
Il n'a jamais fait quoique ce soit mal ou à moitié.
Parmi les douze jeunes pilotes qui sont entrés dans le circuit
de course automobile dans le groupe de Hans, neuf ont été
tués, et je continue de croire que son roman "The Racer"
aurait dû en réalité être intitulé "The
Last Charioteer", car c'est ce qu'il a été. Sa victoire
au grand prix de Donington de 1936 fut si mémorable que l'année
dernière pour le 70ème anniversaire de cet évènement,
les organisateurs de Donington l'ont invité à aller en Angeterre
pour recevoir un prix commémoratif. Il a répliqué
qu'une blessure récente allait l'empêcher d'être présent
lui-même et il a rajouté que malheureusement l'accident n'avait
pas eu lieu dans sa voiture de course mais qu'il était tombé
sur les marches d'un tribunal lors d'une des innombrables plaintes déposées
contre lui. Son humour ne l'a jamais quitté.
De ses six romans dont trois ont été des best sellers, deux
ont été transcrits pour des films et sa meilleure oeuvre
de fiction "South of the Heart", a été égtalement
prévue pour des films mais un énorme casting aurait été
nécessaire pour les scènes de bataille dans le désert
et donc pour des raisons budgétaires le projet a dû être
abandonné. Je continue même à soupçonner que
tous les romans de Hans ont été écrits délibérément
pour l'écran car ils sont si parfaitement adaptés à
ce propos.
Ce n'est que plus tard, à l'âge habituel de la retraite,
qu'il a entamé la croisade qui a rendu son nom célèbre
dans tant de pays - son attaque féroce et implacable contre la
pratique de l'expérimentation animale. C'est pour cela plus que
pour ses romans ou ses victoires aux courses que l'on se souviendra de
Hans Ruesch.
Il fut une époque lorsque des médecins appliquaient tranquillement
des sangsues au corps de gens qui souffraient de fièvre, Georges
Washington fut tué par ces médecins exactement de cette
façon. Il fut aussi une époque lorsque des hommes qui croyaient
que le monde était rond ont été brûlés
sur des bûchers. C'est une triste vérité que peu de
gens ont le courage
d'attaquer la sagesse conventionnelle - affronter les préjudices
les plus sacrés, les plus férocement soutenus et les plus
dangereux. Hans Ruesch a eu la bravoure d'attaquer l'utilité des
expériences sur les animaux, et sa clairvoyance est en ce moment
en train de se confirmer. Les législateurs Européens ont
fixé l'année 2009 comme dernier délai pour la fin
des expériences sur les animaux dans le domane du développement
des produits de beauté. Des douzaines de sociétés
américaines sont en train d'expérimenter sur des échantillons
de tissu humain à la place des animaux de laboratoire. Et le plus
important de tout, une étude faite par la National Academy of Sciences,
sponsorisée par le département (lire ministère) américain
de conservation de l'environnement est maintenant favorable à l'élimination
de l'expérience sur les animaux pour tester à la place sur
des cellules humaines. La vérité continue à émerger
comme cela arrive toujours, quelque soit le nombre de menteurs, d'opportunistes
avides et d'imbéciles qui essaient de la cacher.
Hans
Ruusch a réussi à démontrer que la vivisection -
terme qu'il a élargi pour inclure toutes les expériences
sur les animaux - a eu pour résultat tant d'informations fausses
et trompeures que littéralement des millions de gens ont perdu
la vie à cause de cela, sans mentionner les innombrables animaux
qui ont souffert des morts trop grotesques à décritre et
trop nombreux à compter. Mis sur la balance, l'expérimentation
animale a été un crime contre les humains et les animaux
pareils. Elle a été un crime contre la vie.
Que
la folie cruelle de cette fraude médicale soit enfin démasquée,
pour permettre de recognaître son vrai visage laid est ce que mon
beau-père a dévoué trente années de sa vie
pour réussir. Et heureusement le combat difficile qu'il a mené
si résolument avec des ressources pitoyablement inadéquates
et contre des opposants bien ancrés et redoutables, n'a pas été
menée en vain.
Ceci dit, il serait stupide de ne voir qu'un aspect des choses et de parler
seulement des qualités admirables de Hans, il en a eu beaucoup
mais comme nous tous il a eu ses défauts.
Il
est vraiment admirable qu'il ait été pris de rage en voyant
la souffrance inutile des humains et des animaux et qu'il n'ait pas docilement
souffert l'opposition des charlatans ou des imbéciles. Mais consummé
comme il a été par cette colère, il a souvent choisi
d'attaquer lorsque le vrai défi aurait été de persuader-
de convaincre ses pairs dans les professions médicales et scientifiques
qu'il avait raison. Il y a eu des moments lorsqu'il n'a pas compris qu'une
personne ne peut pas en persuader une autre en lançant une offensive.
Et bienque les 70 procédures en justice qu'il a férocement
contestées, ont certainement attiré sur lui l'attention
du public qu'il a tant voulu et tant aimé, ils ont également
permises à ses opposants de le faire passer pour un fanatique exessivement
agressif, et, tout pris en compte, je crois qu'elles ont plus porté
atteinte à son combat qu'elle ne l'ont fait avancer.
Il a eu un autre problème également. Tristement mon beau-père
avait plus besoin de disciples que d'une famille. Néanmoins il
avait déjà eu une famille lorsuq'il a lancé sa croisade
contre la vivisection, et la totale exclusivité avec laquelle il
a forcé son attaque contre les expériences animales l'a
poussé considérablement à mettre de côté
tous ceux qui n'étaient pas un disciple aveugle et un participant
actif à son combat. En conséquence, le mariage de Hans a
échoué et ses enfants, qui lui ont toujours souhaité
le meilleur dans ses entreprises, mais qui ont eu des familles, des obligations
dans leurs affaires et leurs propres préoccupations se sont senti
lui devenir étranger. Pour chacun de nous a seulement une certaine
part de vie à donner, et celui qui décide de donner la totalité
de sa vie à son travail doit s'attendre à ce que les relations
avec sa famille en souffre.
J'ai rendu visite à Hans durant deux semaines lors du dernier mois
complèt de sa vie. Lorsqu'il n'était pas sous l'influence
de la morphine ou souffrant terriblement, il était complètement
lucide et nous avons eu certaines conversations mémorables. Je
n'étais pas surpris lorsqu'il m'a enfin avoué qu'il aimait
les animaux un peu plus que les gens. Ce qui m'a vraiment surpris c'est
qu'il croyait en Dieu. La tendance générale des ses propos
au fil des années m'a persuadé qu'il était athée.
Lorsque je lui ai demandé directement s'il croyait en Dieu, il
m'a étonné en répondant sans hésitation "Oui".
A ce moment j'ai dit à Hans qu'un Dieu clément doit certainement
l'aimer pour avoir élevé la voix pour ceux qui n'ont pas
de voix et pour avoir défendu les plus vulnérables des créatures
de Dieu, les animaux.
Mes chers parents et amis, les pharaons d'Egypte n'ont pas tous vécu
pour voir leurs pyramides achevées mais ce qui me rend triste dans
la vie de Hans Ruesch est qu'il n'a pas vécu assez pour être
le témoin de la confirmation de la justesse finale et totale de
ses croyances; Mais nous pouvons tirer une grande consolation du fait
qu'il soit mort avec la ferme conviction que son message a été
délivré à un monde qui avait désespérément
besoin de l'entendre, et aucun pouvoir sur terre ne pouvait empêcher
son acceptation éventuelle, universellement.
Je
vais achever en disant que cela défie mon imagination de trouver
les mots qui pourraient suffisament exprimer ma fierté d'avoir
été le beau-fils de cet homme remarquable.
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