BULLETIN N°4 - Octobre 2001

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Pour que ici et maintenant la cruauté envers les animaux ne soit plus tolérée
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Le Déclenchement de la Maladie de la Vache Folle a pu être causé par les Installations d’Equarrissage
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  N.Y. Times, Service de Presse, 11 mars 1997
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  Lorsque les vaches en Grande Bretagne ont commencé à vaciller sur leurs pattes et à mourir, leurs cerveaux mangés par une maladie mystérieuse, les fonctionnaires américains ont été rassurants. La maladie ne serait pas un problème ici, ont-ils dit. Plus tard, lorsqu’il a semblé que quelques personnes en Grande Bretagne ont attrapé une conditions mortelle similaire du fait d’avoir mangé de la viande touchée par la maladie, les experts du Ministère de l’Agriculture ont dit qu’il n’y avait pas de raison pour les américains de s’inquiéter.
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  Cependant maintenant, le F.D.A. (l’Administration de la Sécurité Alimentaire et Pharmaceutique) commence à parler de nouveaux règlements dans le contrecoup des indications inquiétantes que quelque chose de similaire pourrait bien paraître chez les animaux américains. A présent, les seuls animaux touchés sont quelques centaines de visons dans le Wisconsin. Néanmoins, l’agence ministérielle veut réglementer la pratique agricole peu connue qui est à l’origine du problème en Grande Bretagne : l’emploi du tissu animal d’équarrissage dans la nourriture animale. En même temps, il attire une attention nouvelle à l’équarrissage-- la pratique très ancienne mais peu discutée de faire revenir et de réduire en farine pour l’alimentation animale et pour d’autres produits des débris des abattoirs et des restes des restaurants, des animaux de ferme morts, des animaux morts sur la route, et—aussi dégoûtant que cela peut paraître, les chats et les chiens euthanasiés dans certains refuges.
Ce quasi-cannibalisme est la cause du déclenchement de la maladie en Grande Bretagne et les décideurs veulent s’assurer qu’il ne provoquera pas de problèmes aux Etats Unis. La maladie qui a frappé les vaches britanniques, l’encéphalopathie bovine spongiforme, a pu avoir pour origine la tremblante, une condition mystérieuse qui se limite aux moutons. Les scientifiques croient que la maladie dite de la Vache Folle est provoquée lorsque le bétail mange une nourriture fabriquée à partir des cervelles ou des épines dorsales des moutons malades de la tremblante. Ils croient que les personnes qui sont mortes ont été infectées lorsqu’ils ont mangé du bœuf ou d’autres produits tirés de ces vaches, une théorie qui reste controversée, bien que les preuves s’accumulent.
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  Les responsables de la santé publique et des experts agricoles disent qu’il y a de bonnes raisons de croire que la maladie de la Vache Folle ne deviendra pas un problème aux USA. La tremblante est moins courante dans ce pays qu’en Grande Bretagne. Plus, important, le FDA agit pour interdire l’emploi de certains tissus animaux dans la nourriture du bétail. Le FDA a récemment tenu des séances sur l’effet qu’une telle interdiction pourrait avoir sur cette industrie valant un milliard de dollars et cette année il espère prendre la décision d’imposer ou non une interdiction.
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  L’équarrissage, qui date du début de la civilisation égyptienne, se pratique dans les ombres de la bonne société, s’obstinant parce qu’il rend un service essentiel : ils débarrasse des millions de kilos d’animaux morts tous les jours.
" Si vous incinérez toutes ces carcasses, vous ferriez une pollution de l’air terrible, " dit Dr William Heston, le doyen associé du Collège Virginie-Maryland de la Médecine Vétérinaire à Collège Park, Md. " Si vous les mettiez toutes dans les trous aux ordures, vous créeriez un problème colossal de santé publique, sans parler de l’odeur nauséabonde. Les animaux morts sont un milieu idéal pour la propagation des bactéries. "
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  Les équarrisseurs aux Etats Unis enlèvent 45,5 kilos de déchets tous les jours— un brouet de sorcière de pattes, têtes, estomacs, intestins, sabots, épines dorsaux, queues, graisse, plumes et os. La moitié de chaque vache abattue et un tiers de chaque porc n’est pas consommé par des humains. Il est estimé que entre 6 et 7 millions de chiens et chats sont mises à mort dans les refuges chaque année, dit Jeff Frace, un porte-parole de la Société Américaine pour la Prévention de la Cruauté aux Animaux à la Ville de New York.
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  Par exemple, la ville de Los Angeles envoie 90;9 tonnes de chiens et chats euthanasiés au West Coast Rendering (L’Equarrissage du Côte Ouest) à Los Angeles chaque mois, selon Chuck Ellis, un porte-parole pour le Service Hygiène de la ville. Les fabricants de nourriture pour animaux de compagnie essaient de ne pas acheter la farine de viande et d’os en provenance des équarrisseurs qui broient des chiens et des chats, dit Doug Anderson, le président de Darling International Inc, un équarrisseur important à Dallas. " Nous n’acceptons pas des animaux de compagnie, " dit-il. " Mais il y a un certain nombre de petits établissements qui passeraient n’importe quoi par l’équarrissage. "
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  Au moins 250 établissements d’équarrissage fonctionnent aux Etats Unis, dit Bruce Blanton, cadre dirigeant de l’Association Nationale d’Equarrisseurs à Alexandria, Virginie, forte de 130 adhérents. Bien qu’il y ait quelques petites installations aux alentours de certaines villes, dit-il, les établissements modernes d’équarrissage sont grands et centralisés, et les revenus de l’industrie se chiffrent à $2,4 milliards par an.
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  Après que les camions ont livrés les déchets aux installations, la matière est hachée puis introduite dans un récipient où il est cuit à la vapeur jusqu’à 250 degrés farenheit ou plus, ensuite la soupe, ou ragoût, est cuite pendant 20 à 90 minutes, dit Blanton. Dans la bouillie ainsi produite, la matière plus lourde tombe au fond et les choses plus légères remontent à la surface. La graisse est siphonnée de la surface, filtrée puis passée par des centrifugeuses afin de l’épurer davantage, dit Blanton. Les fabricants de produit chimique transforment la majeure partie en acides gras pour les lubrifiants, les rouges à lèvre, le ciment, l’encaustique, les encres et les cires. D’autres parties comprenant des niveaux gélatineux, le suif et la graisse, rentrent dans des milliers de produits y compris des savons, des bougies, des pharmaceutiques, la médecine homéopathique et des bonbons gluants.
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  La matière protéinée plus lourde au fond passe par un processus séparé, dit Blanton. Elle est séchée, serrée afin d’extraire d’avantage de graisse, puis séchée encore. La poudre qui en résulte est l’ingrédient majeur dans l’alimentation des animaux de compagnie et d’autres animaux. C’est une pratique cannibale qui s’est avéré hautement rentable.
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  " Nous sommes les premiers recycleurs ", dit Dr. Don A. Franco, vétérinaire et directeur des Services Scientifiques de l’Industrie des Producteurs de Protéine Animale, encore un autre groupe du métier représentant des entreprises d’équarrissage. " Nous recyclons 18 milliards de kilos de matière par an ".
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  La maladie de la Vache Folle a éclaté en Grande Bretagne à cause de certains facteurs propres à ce pays, dit Dr. Linda Detweiler, vétérinaire du Service d’Inspection de la Santé Animale et Végétale dépendant du Ministère de l’Agriculture américain à Trenton.
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  Contrairement aux Etats-Unis, la Grande Bretagne a une forte densité de moutons par rapport aux vaches ainsi qu’un problème sérieux avec la tremblante, une maladie transmissible de progression lente faisant dégénérer leur cervelle.
Beaucoup de scientifiques qui ont étudié le problème croient à présent que la tremblante a d’une manière ou d’une autre traversé la barrière d’espèce pour infecter les vaches, peut-être lorsque les vaches ont mangé une alimentation comprenant en partie du tissu des cervelles des moutons infectées. La maladie a apparemment sauté aux gens qui ont mangé des cervelles de vaches infectées. L’hypothèse courante maintient que certaines personnes pourraient avoir des gènes qui les rendent particulièrement susceptibles.
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  La maladie de la Vache Folle a été reconnue pour la première fois en tant que maladie du bétail en novembre 1986. Depuis plus de 165 000 vaches ont été touchées.
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  Mais les pratiques de l’équarrissage britannique ont pu aider la maladie à se répandre, dit David Evans, le Président de Carolina Byproducts (les Sous-Produits de la Caroline), un établissement d’équarrissage à Greensboro, Caroline du Nord. Il y a des gens en Grande Bretagne, dits " knackers " (des artisans équarrisseurs), qui gagnent leur vie en faisant le tour des campagnes pour enlever les animaux morts et- faire passer les cadavres par le processus de l’équarrissage dans leurs propres arrière-cours. La graisse qu’ils obtiennent rapportent bien auprès des sociétés de chimie.
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  Ces " knackers " broient tout simplement et cuisent à moitié leur prise journalière afin de briser les cellules de graisse ; ils récoltent le magma à la surface de la cuve. La matière restante, appelée " greaves " ou " crackling ", a été vendue aux éleveurs qui ensuite l’ont mélangée aux céréales et l’ont donnée à manger à leurs animaux. Ce matériau en partie dérivé des moutons avec la tremblante ou du bétail avec la maladie de la Vache Folle a été donné en grande quantité à manger aux cheptels laitiers à la fin des années 80, dit Detweiler.
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  Encore un autre facteur se trouve dans la façon dont les " greaves " ont été produits dans les établissements traditionnels d’équarrissage, dit Anderson. Jusqu’au début des années 80, beaucoup d’équarrisseurs ont utilisé des solvants inflammables pour dissoudre les graisses et ces solvants ont pu désactiver l’agent qui provoque la maladie de la Vache Folle et la tremblante. Mais suite à plusieurs explosions dans les installations, les entreprises sont passées à d’autres méthodes qui semblent ne pas désactiver l’agent – une particule mystérieuse appelée un prion.
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  Depuis 1989, les équarrisseurs britanniques ont essayé d’écarter la viande contaminée de leurs produits ; beaucoup de " knackers " ont fait faillite et les cervelles ne sont plus utilisées dans les hamburgers. Mais l’incubation de la maladie humaine est de 7 à 30 ans, dit Evans. Tandis que seulement 15 cas de la maladie humaine ont été confirmés, beaucoup d’experts craignent une épidémie latente.
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  En 1989, l’industrie d’équarrissage américaine a lancé un programme volontaire selon lequel par exemple aucune tête de mouton ne devait être acceptée par les établissement d’équarrissage. Une enquête du Ministère d’Agriculture a trouvé trois années plus tard que 6 sur 11 établissements contrôlés acceptaient toujours les têtes de moutons. Néanmoins, beaucoup d’experts ont le sentiment que les côtes américaines sont protégées de la maladie de la Vache Folle particulièrement si la tremblante est le vecteur sous-jacent. En Grande Bretagne, les moutons constituent 14% du matériel cru de l’équarrissage. Ici, le pourcentage est de 6% et la plupart de ce matériau n’est pas atteint par la tremblante.
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  Ceci vient du fait que la tremblante est surveillée de près par les vétérinaires du Ministère d’Agriculture des Etats-Unis sous un programme fédéral. Il n’y a pas de " knackers " dans ce pays, ni de " greaves " pour infecter le bétail, dit Detweiler. Peu d’éleveurs ici nourrissent leurs veaux avec de la farine de viande et d’os et les équarrisseurs américains traitent normalement la matière crues à des températures plus élevées.
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  Mais l’élément clé dans les efforts afin de prévenir la maladie des vaches est l’interdiction récemment proposée par le Ministère de l’Agriculture de nourrir les ruminants avec des protéines dérivées d’autres ruminants. Les ruminants sont des animaux qui mâchent l’herbe (vaches, moutons, chèvres, cervidés et élans). Les visons sont inclus dans l’interdiction du fait qu’ils peuvent être atteints d’une maladie similaire à celle de la Vache Folle.
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  Si la réglementation du Ministère de l’Agriculture est adoptée, la protéine de vache pourrait encore servir à nourrir les poissons, la volaille ou les porcs dans l’espoir que si jamais la maladie de la Vache Folle apparaissait, une barrière d’espèce l’empêcherait de se répandre. En même temps, le Ministère de l’Agriculture continue à surveiller les vaches américaines concernant les symptômes de la Vache Folle. Les scientifiques ont examiné les cervelles de 5 342 vaches qui ont manifesté des symptômes de maladie du système nerveux central ; aucun cas n’a été dépisté.
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  Mais une raison majeur de souci est que l’épidémie des vaches pourrait ne rien avoir avec la tremblante, ni avec les techniques de conditionnement employées par les équarrisseurs, dit Dr. Richard F. Marsh, vétérinaire à l’Université de Wisconsin à Madison. Il y a des raisons de croire que la maladie de la Vache Folle s’est déjà déclarée spontanément dans le bétail américain, dit-il, mais pour l’instant elle n’est pas encore passée dans la réserve de la nourriture animale.
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  La preuve la plus flagrante en est l’irruption d’encéphalopathie du vison (une maladie similaire à celle de la Vache Folle) qui a eu lieu en 1985 à Stetsonville, Wisconsin. L’éleveur de vison n’a pas nourri ses animaux avec une nourriture commerciale, dit Marsh. Il les a plutôt nourri avec de la viande en provenance d’une " downer cow ", une vache qui ne peut plus se lever. Il est possible que la vache a eu un cas spontané de la maladie de la Vache Folle et l’a transmise aux visons, dit Marsh.
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  Des cas spontanés de la maladie de la Vache Folle ont très bien pu se déclarer dans une vache sur chaque million de vaches chaque année, dit Dr. Joseph Gibbs, un expert renommé de la maladie de la Vache Folle à l’Institut National des Maladies Neurologiques et de l’Apoplexie à Bethesda, Maryland. Il y a 150 millions de vaches dans ce pays, ce qui veut dire que chaque année 150 parmi elles pourraient développer la maladie de la Vache Folle – toutes seules sans être exposées à une nourriture contaminée.
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  Les équarrisseurs enlèvent les carcasses de 100 000 " downer cows " chaque année et les mélangent à d’autres animaux, dit Marsh. Bien que le Ministère d’Agriculture essaie de tester des " downer cows " pour les symptômes de la maladie de la Vache Folle, il ne peut atteindre qu’un petit pourcentage. De plus, les animaux peuvent être assez malades et ne pas manifester de symptômes avant d’être envoyés à l’abattage, dit Marsh. De ce fait, en essayant comme ils peuvent d’éviter le problème, les équarrisseurs pourraient introduire des animaux contaminés à leur insu dans la nourriture animale et déclencher une épidémie.
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  Les cervidés et les élans ont aussi une maladie spontanée similaire à la Vache Folle, dit Gibbs. S’ils mouraient dans la forêt, la maladie ne serait pas transmise. Mais s’ils sont tués sur la route, ils sont envoyés au zoo ou au cynédrome de lévriers, ou plus souvent ils partent directement à l’établissement d’équarrissage pour finir en tant que nourriture pour le bétail ou pour les animaux de compagnie.
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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs :
REVEILLONS-NOUS ! NOUS AVONS TROP DORMIS !
" Ne croyez jamais que quelques individus bien intentionnés ne peuvent pas changer le monde

En fait, on ne l'a jamais changé autrement. "