BULLETIN N°27 - octobre 2003

7 rue Lamartine
06000 NICE
Pour que ici et maintenant la cruauté envers les animaux ne soit plus tolérée
Tél et Fax. 04.93.85.59.50
Sur Internet.
www.stop-abus-animal.com
 
 
EXPERIENCES VECUES 3
 
 

Encore quelques cas réels que notre association a traité et qui peuvent fournir des informations
permettant à d'autres d'éviter de tels drames ou, malgré tout tombés dedans,
de s'en sortir aux mondres frais de souffrances pour leurs animaux

 
  Un animal sain rendu malade – traité pour une leishmaniose qu'il n'avait pas !
 
  Mademoiselle H, constatant des réactions cutanées soudaines chez son labrador, est allée voir un vétérinaire ici dans notre région. Ce dernier a demandé des analyses en laboratoire, en vue d'un dépistage de leishmaniose canine.Une première analyse a été effectuée par le Laboratoire Vétérinaire Départemental qui, d'après le procédé utilisé de sérologie ELISA, a donné comme résultat 80 unités internationales. Sachant que le seuil déterminant la positivité du dépistage est fixé à 50 unités, le vétérinaire en a aussitôt conclu que le chien était contaminé. Une semaine après, une deuxième analyse effectuée par un laboratoire privé et utilisant la méthode de diagnostic PCR (prélèvement de sang + raclage cutané), a eu un résultat négatif. Néanmoins, le vétérinaire a maintenu son diagnostic initial et a prescrit, outre des médicaments pour soigner les lésions apparues, douze injections de Glucantime dont la première a été administrée immédiatement.
 
  Melle H, très angoissée, a fait entièrement confiance au vétérinaire. Ce n'est qu'en constatant les effets secondaires très inquiétants et traumatisants pour son chien (paralysies, brûlures, épilations importantes...) que, paniquée, elle a refusé l'administration de nombreuses injections supplémentaires (que le vétérinaire tenait à réaliser en prolongation du traitement!), sollicitant les avis de deux autres vétérinaires.
 
  Ces deux entretiens lui ont alors permis de comprendre que les premières analyses par test ELISA, mention-nant 80 unités (>à la norme 50), n'étaient absolument pas significatives, de par ce résultat trop « limite ». Devant la complexité de la mise en évidence de cette infection, il est apparemment reconnu que la sérologie peut révéler de « faux positifs » sur des animaux sains et, par conséquent, si les résultats sont douteux ou limites (comme dans ce cas), il est nécessaire d'effectuer d'autres examens et d'autres soins en vue de poser un diagnostic plus sûr avant de lancer ce traitement lourd, dangereux et plus que néfaste.
 
  Melle H a fait pratiquer des analyses durant les mois qui suivirent, la dernière juste avant de nous consulter, un an après cette mauvaise expérience. Elle nous a dit que même si son chien était considéré comme « porteur sain » de la maladie, il n'était pas vraiment nécessaire de pratiquer des injections lourdes de conséquences et de séquelles supplémentaires, et dont le coût très onéreux s'ajoutait encore aux frais de consultations, laboratoires et médicaments.
   
  Par ailleurs, elle nous a signalé que, dès l'ouverture du cabinet de ce vétérinaire, la salle d'attente est déjà surpeuplée et, sans parler des délais, du stress et de l'angoisse infligés aux animaux, les consultations sont de ce fait écourtées, avec des examens trop rapides, avec risques de diagnostics précipités... A son avis, ce vétérinaire, par manque de temps si ce n'est pas par mauvaise volonté) ne semble pas respecter le droit d'information à ces clients qui doivent se contenter de réponses courtes et évasives et se trouver au « pied du mur » concernant des pratiques et soins onéreux, abusant ainsi de leur crédulité certaine, face à leur seul désir de soulager ou de sauver leur animal.
   
  Le Président du Conseil de l'Ordre des Vétérinaires de notre région, appelé à enquêter sur cette affaire, a donné la réponse suivante :
   
  ...une enquête [a été] ouverte sur le comportement déontologique du Docteur Vétérinaire _____, lors des soins prodigués à votre labrador.
 
  Ses explications, comparées à vos arguments, ne permettent pas de qualifier une infraction au Décret n° 92-157 du 10 février 1992 portant Code de Déontologie Vétérinaire. La leishmaniose est d'ailleurs une maladie d'une telle complexité que la moindre des prudences consiste à ne pas porter de jugement sur les seuls examens sériologiques. En effet, ceux-ci n'ont de sens que si on les confronte à la clinique, chaque malade en la circonstance étant un cas particulier.
 
 
N'ayant pas examiné votre animal et à la lumière des arguments fournis par le Docteur Vétérinaire ______, je considère que ce dernier n'a pas commis d'infraction au Code Déontologie et je classe ce dossier sans suite...
 
 
N'attendez pas mieux du Conseil de l'Ordre des Vétérinaires (quoique l'on puisse toujours espèrer être surpris dans le bon sens), mais soyez certain/e que, par derrière, ce vétérinaire a été bien gêné à fournir des explications sur des tels comportements. Aurait-il l'occasion d'hésiter la prochaine fois qu'il souhaite imposer un tel traitement dans de tels circonstances? On-peut l'espérer, car si les consommateurs se mettent à exiger que l'on leur rende des comptes, il est certain que les vétérinaires hésiteront à s'embarquer sur des voies difficilement justifiables.
 
  Nos félicitations à Melle H pour sa détermination à défendre, ne serait-ce que rétroactivement, son chien qui a souffert, mais qui se porte bien aujourd'hui, et qui n'est absolument pas atteint de la leishmaniose.
   
  NB: Ce même vétérinaire a fait l'objet des rumeurs sur les propositions qui auraient été faites de transplantation d'organes pour animaux de compagnie-- pratiquées, selon ces rumeurs, contre des honoraires exorbitants et à condition que l'animal sur lequel le prélèvement doit être effectué soit fourni par le client. Après réflexion ainsi que discussion avec d'autres vétérinaires, nous avons décidés que ces rumeurs ne pouvaient pas être fondées (au moins, nous l'espèrons). Y a t'il des maîtres si indignes pour condamner d'autres animaux afin de sauver les leurs? Et même, la pratique de la transplantation n'est pas encore au point, et ne le sera peut-être jamais, alors pourquoi tenter quelque chose qui n'est pas sûr de réussir? En tous les cas, nous avons décidé que cette rumeur n'est qu'une rumeur... Mais il y a pour nous une morale à réflèchir là dessus, malgré tout...
   
   
  Attention aux bateaux pour la Corse!
   
  On nous a signallé plusieurs morts subites de chiens voyagant dans les voitures de leurs maîtres lorsque ces voitures se trouvaient à bord des bateaux entre Nice et la Corse. Trop chaud dans ces voitures casées à l'intérieur des bateaux? Pollution durant la croisière? Quoique cela soit incertain pour l'heure, il est conseillé de ne pas transporter un animal ainsi. S'il le faut, laissez le à la maison, plutôt que de faire courir des risques à sa vie...
   
   
   
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs :
REVEILLONS-NOUS ! NOUS AVONS TROP DORMIS !
" Ne croyez jamais que quelques individus bien intentionnés ne peuvent pas changer le monde

En fait, on ne l'a jamais changé autrement. "