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que ici et maintenant la cruauté envers les animaux ne soit plus
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La
plus grande vendetta sur terre
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Pourquoi
le dirigeant de Ringling Brothers-Barnum & Bailey engagerait-il un
ancien chef du C.I.A pour tourmenter une malchanceuse journaliste free-lance
durant huit ans ? Par Jeff STEIN * Copyright 2002 Salon.com
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| Le 30 Août 2001 / Washington Par un jour grisâtre de Fête des Anciens Combattants en 1998, Janice POTTKER répondit lorsque quelquun frappa de manière inattendue, à la porte de sa maison à Potomac, Maryland, banlieue verdoyante et bourgeoise de Washington. Devant elle, se trouvait un homme quelle navait jamais vu auparavant, un détective privé qui se présenta sous le nom de Tim TIEFF. Il informa POTTKER, journaliste free-lance, mariée à un cadre supérieur du gouvernement, quil était porteur dun message discret de la part de Charles F. SMITH, ancien dirigeant cadre supérieur auprès de FELD ENTERTAINMENT, propriétaire des cirques Ringling Brothers-Barnum & Bailey, de Disney Shows on Ice, et dautres filiales qui en font la plus grande Société de divertissements et de spectacles en direct, dans le monde. | |||
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| SMITH voulait la voir, a-t-il dit. | |||
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| Ce fut certainement une annonce surprenante pour POTTKER, auteur dun article controversé de onze mille mots sur le cirque et ses propriétaires agités, la famille FELD de Washington, et ce pour une revue daffaires locales en 1990. Son article racontait lhistoire de la faramineuse ascension sociale de la famille FELD, mais il révélait également des secrets déplaisants concernant ces FELD, célèbres pour leur mutisme par exemple, les querelles amères qui avaient éclaté entre les deux principaux héritiers, et la bisexualité du patriarche de la famille, Irvin FELD. Dès lors, le cirque a refusé de lui adresser la parole. | |||
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| Depuis, POTTKER a essayé puis échoué de sortir un livre sur le cirque. Mais rien ne sest jamais concrétisé. Les missions intéressantes, menées pour des revues, concernant le traitement douteux des enfants artistes dans le cirque ainsi que le traitement de ses animaux ont avorté. Lintérêt des législateurs et du ministère du travail pour ces sujets, intérêt quelle avait provoqué, sest évaporé. Et maintenant, voilà que, tombé du ciel, un ancien cadre supérieur des FELD lui adressait un message disant quil souhaitait la rencontrer. Serait-elle daccord ? | |||
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| Sans lombre dune hésitation. Pendant des années, SMITH a été le bras droit de Ken FELD, héritier du cirque lorsque son père, entrepreneur, est mort en 1984. Mais SMITH avait été viré 18 mois auparavant. A présent, il semblait prêt à tout dévoiler. | |||
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| Le lendemain, POTTKER sempressait de rencontrer SMITH à Chevy Chase, tout près de chez elle. Mais, si elle sattendait à ce que lancien cadre supérieur lui parle des enfants acrobates et des éléphants de spectacle, elle fut confrontée à un choc intense et personnel. SMITH était venu pour lui parler de ce que FELD ENTERTAINMENT lui avait fait, à elle | |||
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| Pendant le déjeuner, SMITH a raconté la campagne de surveillance et de coups bas que FELD avait lancé sur elle, suite à son article de 1990 paru dans une revue qui nexiste plus aujourdhui, « Regardie ». FELD, lui apprit-il, avait employé beaucoup de personnes afin de manipuler sa vie entière, au fil des huit dernières années. FELD avait dépensé beaucoup dargent pour cela, poursuivit SMITH. Il aurait même pu essayer de détruire son mariage. En fait, POTTKER, prendra éventuellement connaissance dune massive campagne de coups bas, dans laquelle ont trempé certains anciens cadres et agents du C.I.A, qui auraient ciblé des ennemis de Ringling tels que People For The Ethical Treatment of Animals, ainsi que dautres groupes, et pas seulement POTTKER. | |||
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| En guise de preuve, il lui a suggéré de se rendre au Tribunal Fédéral dAlexandria, Virginie, et dy consulter une plainte quil a déposé contre Ken FELD. Dans cette plainte, elle trouverait une déposition faite par un homme, Clair GEORGE, comprenant des pièces jointes. Tout cela, lui a-t-il affirmé, traite de vous. | |||
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| Et puis, SMITH est parti. | |||
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| Le lendemain, Jan POTTKER et son mari sont allés au Palais de Justice, de style colonial, à Alexandria et ont demandé le dossier en procédure civile SMITH contre FELD, n° 98-357-A. Ils ont ouvert le dossier et trouvé la déposition décrite par SMITH. | |||
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| « Mon nom est Clair E. GEORGE », ainsi débutait-elle. « Jai exercé ma fonction de directeur adjoint de Gestion de lEntreprise (D.D.O) de la Central Intelligence Agency, de Juillet 1984 à Décembre 1987, période pendant laquelle jai été responsable des activités clandestines mondiales du C.I.A ». En 1990, lorsque larticle de POTTKER fut publié, GEORGE a déclaré qu « il était consultant pour des questions internationales, payé par FELD ENTERTAINMENT et ses filiales ». | |||
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| POTTKER ne la peut-être pas su elle a refusé dêtre interviewée au sujet de cette histoire mais Clair GEORGE a été le troisième cadre supérieur de la C.I.A jusquà sa condamnation pour avoir menti à un Comité de Législateurs en 1987. Le Président BUSH, père de lactuel Président, lui-même un ancien patron C.I.A, a amnistié Clair GEORGE la veille du Noël 1992. | |||
| FELD, ainsi continuait la déposition de GEORGE, était « concerné » par larticle de POTTKER, cest pour cette raison quil sest renseigné sur ses autres activités. « Par la suite », écrivait-il dans la déclaration assermentée, « jai obtenu un projet de biographie non autorisée, proposé, de Monsieur FELD et sa famille, par POTTKER ». | |||
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| Daprès la déposition de GEORGE, cest ainsi que tout a commencé. Durant les huit années qui suivirent, « jai entrepris une série defforts afin de découvrir ce que POTTKER faisait et je transmettais les résultats de mes recherches à Mr FELD. Jétais payé pour ce travail par FELD Entertainment ou ses filiales. Je préparais mes rapports par écrit et les présentais à Mr FELD lors des réunions personnelles ». | |||
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| Lespionner était pourtant la chose la moins grave que GEORGE ait avoué. « Jétais chargé dorganiser, avec la maison dédition, la publication dun livre de POTTKER sur un sujet différent afin de la détourner de louvrage proposé concernant Mr FELD », révélait GEORGE. Il sagissait d « une biographie non autorisée de la famille MARS, « Crise à Candyland, lHistoire de Mars » ». | |||
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| POTTKER avait, en fait, écrit « Crise à Candyland » qui fut publié en 1995 par le tout petit et peu connu « National Press Books ». Ce livre disparut bientôt des rayons. | |||
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| «
Ceci », poursuivait GEORGE, « résultait à détourner
POTTKER, pendant une période, de sefforcer à publier
des ouvrages qui auraient concerné Mr FELD ». En même
temps, affirmait GEORGE, il avait négocié la rémunération
dautres écrivains pour quun « livre
autorisé,
favorable à Mr FELD » soit publié au cas où POTTKER réussirait, en dépit de ses efforts, à faire publier son propre livre sur le cirque. Cela sest avéré inutile. |
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| Le
dernier paragraphe de la déposition de GEORGE était stupéfiant
également. Il insinuait que FELD avait mis en place une unité
spéciale, ressemblant aux « Plombiers de Watergate »,
afin de détruire quiconque menaçait limage du cirque
en tant que distraction saine pour toute la famille, sans parler dun
consciencieux gardien des enfants et des animaux de cirque. Elle était
dirigée par un certain Richard FROEMMING, un des cadres vice-présidents
de FELD, jurait GEORGE. Sa cible principale était « People
for the Ethical Treatment of Animals (PETA), ainsi que des groupes
similaires qui ennuyaient FELD en accusant le Ringling Brothers de négliger
ses éléphants.
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| «
Une partie de mon travail pour FELD Entertainment », écrivait
GEORGE, « consistait à passer en revue les rapports de Richard
FROEMMING et ses organisations, basés sur leurs surveillances et
leurs efforts pour contrer les activités de diverses associations
pour les droits de lanimal. Je commentais ces rapports dans des réunions
où était présent Mr FELD ».
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| Lancien espion maître de la CIA concluait en déclarant « Je jure sous peine de faux témoignage que tout ce qui précède est vrai et juste ». | |||
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| Janice POTTKER avait un sérieux intérêt pour la façon dont la société fonctionnait. Elle a obtenu un Doctorat en sociologie à Columbia [l'une des plus importantes et prestigieuses universités des Etats-Unis] lorsquelle fit ses débuts décrivain. Ses deux premiers livres, co-réalisés avec son mari, Andrew FISHEL, avaient été universitaires, « Préjudices Sexuels dans les Ecoles » et « Discrimination Sexuelle dans lEducation ». A Washington, où son mari sest retrouvé en tant quOfficier Supérieur à la Commission Fédérale des Communications (FCC), elle a commencé à travailler comme sociologue dans le bureau des Droits Civils au sein du Ministère de l'Education. Elle na pas abandonné, pour autant, ses préoccupations, au bureau. Contrariée par le double jeu d'un pressing du quartier qui facturaient aux clientes femmes 2,25 dollars pour nettoyer des corsages similaires aux chemisiers pour lesquels les hommes ne payaient que 0,95 dollars, elle s'était associée avec une autre femme pour déposer des plaintes auprès de la Commission des Droits de l'Homme de la commune locale. Leur protestation fut relatée dans le « Washington Post ». | |||
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| Bientôt, elle commença à sadonner à lécriture à plein temps, montrant un talent particulier pour les biographies non autorisées. En 1987, elle publia « Chère Ann, Chère Abby », à propos de deux surs devenues chroniqueurs conseil renommés. Le livre sest vendu à 200.000 exemplaires. Les dynasties familiales lintriguaient. Elle avait commencé à tisser leurs profils pour un livre quelle allait appeler « Né pour le Pouvoir », lequel comprenait en fin de compte un chapitre sur les FELD, adapté de son article de magazine. | |||
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| Dans cet article, POTTKER dépeignait ce que fut, en grande partie, lhistoire édifiante depuis ses origines, de Irvin FELD, depuis le petit garçon des années 1920, qui vendait des flacons (sans trop de valeur) « dhuile de serpent » à deux pour un dollar, dans les fêtes foraines à travers le Maryland rural, jusquaux années mi-80, quand sa société mondiale de divertissements employait 2.500 personnes, y compris Siegfried et Roy, avec des revenus approchant les 260 millions de dollars par an. Lentrepreneur culotté s'est imposé dans les Forbes 400. | |||
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| Tôt naquit le talent de FELD pour faire de largent sérieux, lorsque lui et son frère Israel sont arrivés à Washington en 1938 et ont ouvert une boutique de fantaisies dans une partie de la ville à prédominance Noire. Deux ans plus tard, Irvin flanqua 500 dollars pour ouvrir le « Super Cut-Rate Drugstore » [le Dugstore bon marché] en centre ville et suspendit des haut-parleurs extérieurs pour beugler des mélodies Pop et des chansons de Gospel aux passants. « Je savais que les Noirs aimaient la musique et les disques » a-ton cité ses paroles. | |||
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| Mais cela nétait que le début. Le drugstore fut bientôt suivi dun magasin de disques, et puis de sa propre maison denregistrement, laquelle se spécialisa dans les numéros de Noirs. Limpresario en herbe eut ensuite lidée de concerts dété en plein air et, plus tard, de concerts couverts avec climatisation, pour promouvoir ses produits musicaux, apparaissant pour donner des directives dans ses blousons cramoisis et cravates criardes emblématiques, et hurlant des ordres avec son éternel cigare et sa bague en diamant qui sagitait en lair sur son auriculaire. Très vite, FELD réserva ses numéros, de Chubby Checker à Big Bopper jusqu'à l'adolescent Paul Anka, dans tous les types de hauts lieux. Puis, en 1956, il réalisa finalement le souhait de sa vie entière : acheter une part du cirque Ringling Brothers au bord de la faillite. En 1967, pour 8 millions de dollars, il lobtint en entier. | |||
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| En
1984, après des hauts et des bas dramatiques, y compris la vente
forcée du cirque à MATTEL pendant deux ans, lun des
plus grands metteurs en scène de spectacles de la terre mourut dans
son sommeil. Le titre du New York Times le nomma « lHomme qui
sauva le Cirque ».
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| Globalement, Jan POTTKER avait habilement travaillé une histoire émouvante faite d' exploits et d'aventures de Irvin FELD. Mais il y avait des passages sombres également | |||
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| Irvin
FELD, rapportait-elle, avait fait peu deffort pour dissimuler ses
relations homosexuelles. Sa femme Adèle, sétant à
lévidence blâmée elle-même du manque daffection
de son époux, sest suicidée en 1958. « Adèle
se reprochait linattention de FELD ; si elle avait été
plus mignonne ou plus sexy, pensait-elle, il aurait été heureux
et leurs problèmes conjugaux auraient été résolus
», écrivait POTTKER, dissimulant au lecteur les sources de
cette information. « Après avoir feint un mariage pendant une
douzaine dannées, elle a réalisé quil ny
avait quune seule issue ».
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| Les deux enfants de FELD, Ken et Karen, avaient été envoyés pour vivre avec une tante pendant que leur père voyageait à travers le monde. Entre-temps, leur père poursuivait ouvertement une relation avec un homme jusquen 1981, quand, daprès POTTKER, « une balle sest logée dans la colonne vertébrale de son compagnon de longue date et assistant dentreprise, suite à une fusillade devant un bar gay dans la rue P. » | |||
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| Après la mort de Irvin FELD, POTTKER décrivait comment Ken s'est mystérieusement détourné de sa sur Karen, dynamique chroniqueur de la haute société de Washington dont les articles étaient distribués nationalement sous licence, qui sest orientée vers le journalisme seulement après avoir découvert le blocage de tout statut important dans la société, dabord par son père, ensuite par son frère. En fait, Karen FELD a dit à POTTKER que Ken essayait de lexpulser de la maison de Georgetown dont leur père lavait dotée, mais sans lui avoir jamais donné le titre de propriété. Ken a saisi sa BMW, autre cadeau de son père. Cela était connu, en grande partie, de la petite communauté daffaires de Washington, qui fonctionne dans lombre du gouvernement fédéral et des médias nationaux. Mais larticle fascinant de POTTKER fut néanmoins lobjet des conversations, peut-être pas de la ville, mais alors au moins de Duke's, la maison de steak à Connecticut Avenue, disparue depuis longtemps à présent, où traînaient les hommes d'argent de la capitale. | |||
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| Au siège du cirque, cependant, Ken FELD était entré dans une rage folle. La « révélation » de POTTKER que son père était gay « lavait outragé », aurait découvert POTTKER dans un témoignage fournit par Allen BLOOM pour le procès de SMITH contre FELD. BLOOM avait été pris sous laile de Irvin FELD depuis son enfance en 1947, et deviendrait par la suite le directeur de marketing et de publicité du Cirque. En été 1990, il a regardé le plus jeune FELD se tordre, le visage écarlate, le cou palpitant, dans un cri primaire à pleine gorge, contre POTTKER, « cette salope ». FELD, disait BLOOM, nen revenait pas de cet article. Il le lut à maintes reprises et il jura la guerre totale. | |||
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| Et il connaissait justement lhomme capable de la faire : Clair GEORGE, le disgracié, visqueux, ancien chef de C.I.A des opérations clandestines, quil avait à lorigine embauché pour travailler sur les responsabilités « internationales », comprenant lacquisition dun panda chinois destiné à un numéro de cirque. Maintenant FELD avait une nouvelle mission pour le sale escroc de carrière : Découvrir ce que tramait Jan POTTKER. | |||
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| Eclaboussez-la, a-t-il dit. Ruinez-la professionnellement et pourquoi pas personnellement aussi ? Peut-être pourraient-ils recruter « un culturiste » pour la séduire et couler son mariage, avait-il dit à son bras droit, vice-président Charles SMITH, daprès les dépositions qui seraient plus tard inscrites au tribunal. Aucune limite. Propager des rumeurs. Salir. Me rendre compte personnellement de vos avancements dans limmédiat, étaient rapportés les dires de FELD. Et pour le temps quil faudra. | |||
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| Entrèrent les clowns... | |||
| Les traces écrites du criminel et du pénal à Washington commencent habituellement au sous-sol de la Cour Supérieure du District de Columbia, où se trouve le bureau du secrétariat. Lorsque je demandai laffaire civile numéro 99-008068, le secrétaire fit rouler un chariot dans lequel sempilaient 15 épais volumes, environ 7.500 pages en tout. Je déchargeai chaque volume de 20 livres un par un. Ils étaient tous répertoriés à lidentique : « Pottker c/ Feld, et al. ». Il faudra six jours pour les parcourir juste une fois, en prenant des notes et faisant des copies. Après cela, je revins encore et encore, cloué sur place par lintrigue qui se déroulait au fil des dossiers. | |||
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| Dans l'ensemble, les dossiers, motions, décisions, dépositions, déclarations et pièces à conviction évoquaient "Le Prisonnier Espagnol", portrait de leurre et de paranoïa de David MAMET en 1997. Par des détails écoeurants, les documents décrivaient comment Ken FELD, Charles SMITH, Clair GEORGE et une mystérieuse cabale de sombres escrocs toujours inconnus à ce jour, en étroite liaison avec la C.I.A, s'étaient employés à agir comme des gremlins personnels de Jan POTTKER, sans qu'elle ait eu la moindre idée des raisons pour lesquelles tant de choses dans sa vie allaient de travers. | |||
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| Tout cela parce que POTTKER, une femme quinquagénaire coiffée à la garçonnette et mère de deux filles, avait écrit un article de magazine qui comprenait un paragraphe sur les penchants sexuels bien connus de Irvin FELD et sur la négligeance, rapportée, de son rôle de père. Aussi, cela aurait pu fonctionner et POTTKER aurait avancé dans la vie avec juste un sentiment de malchance, comme beaucoup d'écrivains. Mais alors, le complot a commencé à se démanteler | |||
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| Après avoir lu la déclaration de GEORGE, POTTKER l'a faxée à son ami Dan MOLDEA, un reporter enquêteur bien connu et auteur de plusieurs livres, ayant commencé avec "Les Guerres de Hoffa", un bestseller de 1978. Le terrain de MOLDEA se compose des flics, de la Mafia et de la corruption, mais même lui a été choqué. | |||
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| "Jésus
Christ", s'est-il écrié lorsqu'il a rappelé Jan.
C'était l'un des plus incroyables documents qu'il ait jamais vu.
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| "J'étais complètement abasourdi" a dit MOLDEA. "Chaque journaliste enquêteur que je connais a un moment de paranoïa lorsque nous croyons que les plus grandes puissances essaient activement mais clandestinement de saboter notre travail. Mais après examen de la déposition de GEORGE, je n'avais jamais rencontré une si accablante évidence qui le prouvait catégoriquement". | |||
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| L'une des premières questions de MOLDEA à POTTKER fut de savoir d'où provenait ce document. Elle lui raconta à propos de Charles SMITH qui poursuivait FELD en justice pour des millions de dollars en valeurs et autre argent, qu'il revendiquait comme dus par la Société. SMITH avait obtenu la déposition de Clair GEORGE pour soutenir son allégation que FELD utilisait les fonds de la Société pour alimenter ses vendettas personnelles contre POTTKER et les associations pour les droits de l'animal. | |||
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| "Elle était déroutée et perplexe par le document", se rappelait MOLDEA. "Elle ne savait qu'en faire". MOLDEA n'en était pas sûr non plus. Mais il lui dit que c'était là une preuve solide d'"intentions conjointes de détruire ses efforts" pour écrire au sujet de FELD, et lui conseilla de parler à son avocat, Roger SIMMONS. SIMMONS était un fonceur coriace qui avait conduit le procès sans précédent de MOLDEA contre le New York Times à cause d'un livre critique diffamatoire jusqu'au bout à la Cour Suprême, uniquement afin de ne perdre que d'un cheveu. Cette année, il a également gagné d'énormes jugements cash contre la C.N.N. pour le congédiement de deux producteurs, à cause de leurs récits traitant des prétendues attaques américaines au gaz toxique, au Vietnam. | |||
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| Le 10 Nov. 1999, presqu'un an depuis le jour où POTTKER a répondu à ces coups décisifs frappés à sa porte, Roger SIMMONS intentait un procès contre Ken FELD ; FELD ENTERTAINMENT ; le Cirque RINGLING BROS. BARNUM & BAILEY et autres filiales ; Charles SMITH ; Clair GEORGE ; le propriétaire du National Press Books que FELD avait gavé d'argent afin de publier le livre de Mars de Jan POTTKER ; et un certain Robert ERINGER, journaliste obscur en réseau avec la C.I.A, qui avait prétendument aidé GEORGE à court-circuiter la vie de POTTKER. D'autres individus pas encore identifiés, suspectés d'avoir mis POTTKER sur écoute, d'être entrés chez elle par effraction et d'avoir enquêté sur ses amis, ont été cités en tant que "John Doe Compagnie". L'accusation était fondée sur l'"atteinte à la vie privée... la détresse émotionnelle intentionnellement infligée... l'atteinte à la responsabilité fiduciaire" et les allégations ci-dessus relatées. SIMMONS demandait environ 1 million de dollars pour le jugement et 10 millions de dollars supplémentaires en dommages et intérêts pour ses clients, Jan POTTKER et son époux Andrew FISHEL. Le procès est en cours. | |||
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SIMMONS a rapidement trouvé une demi-douzaine de Cabinets juridiques de confiance de Washington engagés par FELD et compagnie, dressés contre lui. La plupart, comme Williams & Connolly, Conseil du Washington Post, entretenaient depuis longtemps des liens étroits avec l'élite des médias de la capitale. SIMMONS se trouva bientôt face à une avalanche de motions pour rejets, ajournements, récusations de juridiction, requêtes pour assurer la protection des documents de la Société FELD et autres pièces à convictions, instructions aux clients de ne pas répondre aux questions, et autres tactiques habituellement utilisées par des grandes entreprises pour frustrer, décourager financièrement, et enfoncer un plaignant solitaire, de classe moyenne, par moult papiers et notes. SIMMONS alla de l'avant. |
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| L'incident qui mena à la révélation de la campagne secrète du cirque contre POTTKER et les associations pour les droits de l'animal, fut une dispute bizarre entre FELD et son bras-droit, Charles SMITH celle qui conduisit FELD à virer SMITH en 1997. | |||
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| D'après la déposition de 163 pages faite par Joel KAPLAN, un garde privé moqueur d'âge moyen qui a assuré la sécurité des FELD pendant 20 ans (en dépit de quatre condamnations criminelles pour mises sur écoute illégales, depuis le début), SMITH avait fait installer par KAPLAN des micros et caméras vidéo cachées au domicile et au bureau de sa propre petite amie celle de SMITH également employée de FELD, que SMITH suspectait de coucher avec d'autres hommes. | |||
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| KAPLAN attestait également avoir enregistré par micros et vidéos, Richard FROEMMING qui dirigeait l'unité d'espionnage de FELD contre PETA et autres associations pour les droits de l'animal, parce que SMITH soupçonnait FROEMMING de coucher avec elle, aussi. KAPLAN déclarait avoir tiré les câbles audio-visuels jusqu'au bureau de SMITH, où les magnétophones ronronnaient silencieusement "sous son canapé". | |||
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| A la façon de "Nixon", SMITH était "obsédé par les enregistrements", attestait KAPLAN. "Vous pouviez aller dans son bureau, il avait cinq magnétophones installés sur sa table. Il avait une coupe à punch, une grande taille de coupe à punch pour festivités, contenant 150 cassettes. Vous pouviez le voir tout de suite. Il avait des cassettes partout sur sa table. Il avait des boîtes de cassettes vides, des boîtes de cassettes inutilisées. Il avait des cassettes vidéo. Alors, il prit une quantité de quelques-unes de ces cassettes et les mit dans un sac". | |||
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| Un jour de Mars 1997, SMITH ordonna à un jeune commis de ramasser et détruire les cassettes. En même temps, SMITH lui demanda de se rendre au domicile de son ancienne petite amie et de lui ramener une Jeep qu'il lui avait donnée. Mais le commis a confondu ses instructions et, à la place, a livré le sac de cassettes à la petite amie de SMITH. ("C'est un gentil garçon", disait KAPLAN dans sa déposition à propos du jeune homme, "mais qui ramait avec une rame hors de l'eau"). | |||
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| SMITH paniqua lorsqu'il apprit ce qu'il s'était passé. Mais c'était déjà trop tard. La petite amie avait appelé les flics de Fairfax qui lancèrent une enquête. Le FBI en fit de même, affirmaient trois informateurs. Les cassettes qu'ils ont trouvées avaient enregistré la propre voix de SMITH téléphonant à KAPLAN, "Nous devons récupérer les fils d'écoute, mec". | |||
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| Projeté par son propre pétard, SMITH fut arrêté en étant suspecté d'avoir violé les lois de l'Etat et les lois fédérales concernant les mises sur écoute. | |||
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| Le FBI poussa plus loin ses investigations, d'après les sources d'information, mais finalement, l'Assistant du Cabinet d'Avocat des U.S. en Alexandria refusa d'engager des poursuites. ("Ils se sont purement et simplement assis dessus, et dessus, et dessus") relatait un avocat impliqué dans l'affaire. Et, bien que la police ait par la suite abandonné les charges contre SMITH et supprimé ses enregistrements, un jury de Virginie en Mai dernier accorda 500.000 dollars à l'ex-petite amie de SMITH, devant être payés à égalité par SMITH et FELD ENTERTAINMENT, pour préjudice de mise sur écoute, d'après un bref communiqué de Washington Post. Les cassettes vidéo décrites dans la déclaration de KAPLAN n'ont pas été mentionnées. | |||
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| Mais FELD licencia SMITH. Ensuite, déclarait KAPLAN, FELD n'aurait pas voulu s'acquitter de 274.000 dollars qu'il lui devait. SMITH, qui n'aurait pas voulu rappeler Salon pour cet article, entama un procès contre FELD pour plus de 6 millions de dollars en valeurs et arriérés de salaires. KAPLAN intenta une action en justice pour l'argent qu'il affirmait lui être dû. Et, tandis que FELD se serait, par la suite, arrangé avec tous les deux SMITH pour 6 millions de dollars, KAPLAN pour environ 250.000 dollars, d'après les sources d'informations --, le mal était déjà fait. | |||
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| Comment SMITH a-t-il persuadé Clair GEORGE de lui faire une déposition qui a, par la suite, comme un filet décousu, dêmélé toutes les conspirations contre POTTKER et les associations pour les droits de l'animal, cela reste un mystère. En Août 2000, lorsque Roger SIMMONS, l'avocat de POTTKER, plaça la déposition devant GEORGE pendant son témoignage et lui demanda de confirmer la véracité de ce document, le remarquable dialogue suivant se fit entendre. | |||
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| "Eh bien, je ne peux jurer cela", dit l'espion maître âgé de 70 ans maintenant et presqu'atteint de cécité à cause de sa maladie oculaire. "J'accepte le fait que j'ai signé quelque chose dont je ne peux jurer (actuellement)". | |||
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| Mais vous l'aviez juré à cette époque-là, n'est-ce pas ? demanda SIMMONS. | |||
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| "Bien sûr que oui" acquiesça GEORGE, "à cause de la pression qu'ils m'ont fait subir, que vous ne pourrez jamais imaginer". | |||
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| "Voudriez-vous expliquer ce que vous venez de dire ?" demanda SIMMONS. | |||
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| "Non" répondit GEORGE. | |||
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| "Qui sont-ils ?" demanda SIMMONS. | |||
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| GEORGE, d'après le procès-verbal, ne donna "aucune réponse orale". | |||
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| "Refusez-vous de répondre ?" le pressa SIMMONS. | |||
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| "Je refuse de répondre" dit GEORGE. | |||
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Lorsque la déposition de GEORGE en 1998 apparut, elle engendra davantage de poursuites contre FELD. En juin 2000, la "Performing Animal Welfare Society" (PAWS) entama un procès en Californie. Onze mois plus tard, People for the Ethical Treatment of Animals lança sa propre procédure à Norfolk en Virginie, où siège l'organisation. |
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| Selon la requête de PAWS, les assauts contre PETA débutèrent en 1989, lorsque son homme de surveillance, Richard FROEMMING, avait prétendument envoyé un homme et une femme (invraisemblablement nommés [Dean] MARTIN et [Jerry] LEWIS) au siège de PAWS à Galt, Californie, où ces derniers se firent passer pour des anciens activistes chez PETA et rejoignirent l'organisation en tant que volontaires. Durant les trois années qui suivirent, d'après les prétentions, les deux agents secrets subtilisèrent "des centaines de pages" de documents internes chez PAWS, y compris les listes des donneurs auprès desquels ils s'étaient mis à solliciter des fonds, en faveur d'une organisation antagoniste, "Le Peuple d'Abord". Afin de dissimuler son appartenance au projet, FELD ENTERTAINMENT fit exploiter ce travail par Richlin Consultants, société de sécurité privée. | |||
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| En particulier, les espions de FELD avaient ciblé les dirigeants des associations, la directrice cadre Patricia DERBY (une dresseuse d'animaux confirmée de Hollywood) et le secrétaire Edward Allen Stewart, allant jusqu'à photographier l'intérieur de leurs habitations et de leurs bureaux, mentionnait la requête. Douglas MARTIN avait également "essayé d'inciter STEWART à commettre une action illégale qui aurait consisté à voler les animaux de Ringling Brothers", accusait la requête, tandis que Julie LEWIS était parvenue à se faire apprécier en douceur par la directrice, Pat DERBY, tant et si bien qu'en Mai 2000, elle l'accompagna à Washington où DERBY devait intervenir auprès d'un Comité de Congrès sur une législation en suspens. Aux côtés de DERBY, LEWIS assistait à des réunions sensibles et retransmettait les informations au cirque, accusait la plainte. | |||
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| De nouveau, ce fut une maladresse de Chuck SMITH qui dévoilà l'opération. Lorsque SMITH quitta FELD en 1997 (après que ses cassettes vidéo furent tombées entre les mains de sa petite amie), il engagea une entreprise de Virginie du Nord, Aegis Security Associates, selon les sources concernées par l'affaire, dant le but d'amasser des documents compromettants sur FELD. Dans ceux-ci étaient compris les documents que ses espions avaient subtilisés chez PAWS, contenant des pièces internes, rapports de surveillance par MARTIN et LEWIS, photographies non autorisées des bureau et domicile de DERBY et STEWART, et photocopies de documents aussi personnels que la carte de Sécurité Sociale de STEWART et permis de conduire. Mais en Mai dernier, selon la plainte de PAWS, AEGIS s'était finalement lassé d'attendre que SMITH les rémunère en échange de leur service discret. Les gérants, Carl ROWAN JR et John MATERRAS, appelèrent PAWS afin de savoir combien ces documents pourraient leur rapporter. | |||
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| Pat DERBY souhaita d'abord voir quelques exemples, alors ROWAN et MATTERAS s'envolèrent pour la Californie. Quand DERBY eut un aperçu des données dérobées, elle a non seulement pas payé ROWAN et MATTERAS, mais elle a promptement ouvert une procédure contre FELD ENTERTAINMENT, RINGLING BROS.- BARNUM & BAILEY, Richard FROEMMING, et la propre société de sécurité privée de FROEMMING, Richling Consultants, laquelle avait dirigé l'opération d'espionnage pour FELD. Une procédure entamée par PETA s'ensuivit bientôt. | |||
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| FELD a rapidement résolu la requête de PAWS en dehors de la Cour par un paiement cash non divulgé. Richlin Consultants quitta l'affaire (bien que FROEMMING soit toujours employé par le cirque). FELD a aussi livré à PAWS un certain nombre d'éléphants d'Asie, avec des fonds destinés à en prendre soin. La procédure de PETA, cependant, continue. | |||
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| Pourquoi FELD se donnerait-il tant de mal pour anéantir ses adversaires ? Outre sa fureur contre POTTKER pour avoir réalisé un reportage sur la bisexualité de son père, la réponse évidente serait qu'il voudrait désespérément protéger l'image de sa société. Aujourd'hui, Ringling Bros.-Barnum & Bailey est l'un des noms prestigieux familial-amical le plus célèbre du monde, dont la valeur atteint sans doute des billions de dollars. Mais si le nom de Ringling Bros. a jamais été synonyme de cruauté envers les animaux ou les enfants, il pourrait suivre le chemin de Big Tobacco. | |||
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| Ceci était, bien sûr, précisément, ce qui aurait pu arriver si PETA avait déterré suffisamment de saletés sur Ringling Bros. PETA, pour certains, fut un formidable adversaire. Des rapports du Ministère de l'Agriculture des U.S. avaient circulé, par exemple, décrivant les conditions de détention horribles, au Centre pour la Conservation de l'Elephant du cirque à Polk City, Floride. Le 09 Février 1999, les inspecteurs du Ministère de l'Agriculture des U.S. (USDA) découvrirent deux bébés éléphants très étroitement enchaînés présentant des lésions et cicatrices sur leurs jambes, apparemment causées par le frottement permanent de leurs chaînes. La façon dont ils étaient attachés limitait la progéniture à "quelques balancements côte à côte", d'après le rapport de l'USDA. | |||
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| Mais cela n'était pas tout. Interrogés à ce sujet, les maîtres d'éléphants avaient dit aux inspecteurs que les éléphanteaux étaient "par routine" enchaînés, afin de les séparer forcément "de leurs mères", ce qu'ils nommaient "une pratique industrielle". Les dresseurs avaient tenté d'empêcher les inspecteurs de prendre des photos, leur demandant, en colère, pourquoi ils en faisaient "toute une affaire". | |||
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| PETA s'était infiltré dans les labos de tests et avait harcelé les partisans de fourrures, mais le porte-parole féminin Lisa LANGE indiquait qu'il y avait une grande différence entre eux et leurs adversaires. | |||
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| "Tout d'abord, nous ne subtilisons pas de documents lors de nos investigations", déclarait-elle à l'Associated Press lorsque PETA a entamé son procès inaperçu en Mai dernier. "Plus important, nous enquêtons sur des situations dans lesquelles nous avons des raisons de croire, aussi bien par des dénonciateurs que des pratiques industrielles, qu'un traitement illégal et abusif sur les animaux existe". | |||
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| Si le reportage de Jan POTTKER sur le cirque a fini par éclabousser suffisamment pour conduire Ken FELD à lancer une vendetta contre elle, selon la déclaration sous serment de Joel KAPLAN, l'homme de sécurité personnel et l'installateur de matériel d'écoute pour une filiale de FELD ENTERTAINMENT, il se passait des choses pires que POTTKER ou même PETA ne pouvaient imaginer. | |||
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Fâché que FELD ait omis de le rémunérer, KAPLAN a d'abord adressé une lettre de menaces à FELD écrivant, essentiellement, d'après trois informateurs qui l'ont lue, "je suis le dernier homme que vous voulez emmerder". Comme cela ne marchait pas, il fit une déposition stupéfiante, sous serment, à propos de ses responsabilités au sein de la société, déposition qui, plus tard, prendra le chemin du dossier de l'affaire POTTKER. |
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| Ce que j'ai fait [était] illégal. Immoral, sans éthique, une longue liste", témoignait KAPLAN le 22 Avril 1998. "Très longue liste. Vous en voulez quelques exemples ?" | |||
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"Oui", dit l'avocat de FELD. Ce qui suivit fut une longue liste d'accusations contre le cirque qui semblait forcer la crédulité, et qui n'était appuyée d'aucune preuve spécifique par KAPLAN. Mais KAPLAN le jura sous peine de faux témoignage. "Nous avions... des agressions sexuelles ; des pédophiles dans l'équipe ; nous avions, vous savez, des vols ; nous avions des gens que nous jettions essentiellement dehors ; nous avions des gens qui n'avaient même pas de vêtements sur le dos". Plus tard, KAPLAN ajouta "Nous avions des gens, pédophiles, qui faisaient entrer des enfants, les artistes, pour les prendre dans les caravanes. Nous avions des vendeurs qui en violaient quelques-uns et les marchands ambulants de l'équipe, et ainsi de suite". |
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| Selon les dires de KAPLAN, le cirque sonnait davantage comme Sodom et Gomorrah que Barnum & Bailey. Mais KAPLAN n'en était qu'au début. "Nous savions que les drogues provenaient en fait du côté de la scène, les ouvriers, les artistes", ajouta-t-il après une pause. "Mr FELD était au courant de cela". Mais ils n'étaient pas autorisés à contrôler les artistes, disait-il. Il prétendait aussi que les ouvriers vendaient la drogue aux marchands ambulants et de nourriture. | |||
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| KAPLAN continuait par les récits des "conditions de vie ignobles" et les problèmes de drogue qui menaient à des tragédies. "Nous avions deux personnes mortes d'overdose, dans le train". | |||
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| Beaucoup d'employés étaient des "étrangers sans papiers", continuait KAPLAN. "Nous avions des criminels, des gens avec des mandats d'arrêt étendus travaillant comme ouvriers sous des noms d'emprunt". En tant que directeur de la sécurité pour la branche des marchands ambulants du cirque, KAPLAN relatait qu'il était étroitement impliqué dans cela. "[nous] commencions à faire des contrôles criminels dans les dernières années". | |||
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| Et quand des employés malades prétendaient à une indemnisation d'ouvriers, il truffait leur chambre de micros, installait des dispositifs électroniques sur leur voiture pour les pister, les surveillait, les harcelait et sinon aidait la société à piéger les demandeurs les plus virulents jusqu'à ce qu'ils se contentent de quelques miettes offertes par la société, témoignait-il. | |||
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| Et cela concernait seulement le traitement des gens. "Nous avions de véritables problèmes avec les éléphants", attestait KAPLAN. "J'étais informé [par le vétérinaire du cirque] qu'environ la moitié des éléphants dans chacune des expositions était atteinte de tuberculose et que la tuberculose était une maladie qui se transmettait facilement aux individus, aux êtres humains. Le cirque, les éléphants, ont été transportés entièrement, d'un bout à l'autre de la Floride, ce qu'il était illégal de faire dans l'Etat de Floride". | |||
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| Plus tard, a-t-il dit, "Chuck [SMITH] m'avait demandé par l'intermédiaire)de Kenneth [FELD], de trouver un médecin qui contrôlerait les gens dans le cirque pour voir s'ils avaient la tuberculose mais qui détruirait les rapports et qui ne les transmettrait pas dans les Centres de Suppression des Maladies". | |||
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| Déclarations surprenantes, aussi bien les unes que les autres. Mais KAPLAN affirmait que les actions de sa société "immorales, illégales, sans éthique et dangereuses" s'étendaient à travers tout le pays et à l'étranger. | |||
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| Citez un exemple, demanda un avocat. "On allait jusqu'à traverser la Varsovie en Pologne et on nous demandait de passer 230.000 dollars de devises U.S. hors du pays, argent que nous n'étions pas autorisés à sortir", répondit KAPLAN, "et retirer illégalement des fonds hors du pays, ce que, je pense, tout le monde aurait considéré comme très dangereux". | |||
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| Qui vous ordonnait de faire cela ? lui demanda-t-on. "Mr FELD, Chuck SMITH", répondit KAPLAN. | |||
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| Mais KAPLAN n'était pas le seul surveillant, dit-il. Richard FROEMMING était le véritable interlocuteur au cirque chargé des complots clandestins espionnages, effractions, surveillances et davantage de sombres supercheries contre le groupement des droits de l'animal. (FROEMMING a répondu "sans commentaire" lorsque joint par téléphone). | |||
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| "Sa mission principale lorsqu'il intégra la société était d'anéantir People for the Ethical Treatment of Animals et de créer des confusions illusoires (sic)... chaque fois que nous recevions une contestation", parlait KAPLAN de FROEMMING, amplifiant les déclarations de la déposition originale de Clair GEORGE au sujet de l'espionnage envers les associations pour les droits de l'animal. "Donc, j'étais impliqué dans tout cela" témoignait KAPLAN. "J'étais en plein coeur de cela. J'étais impliqué". | |||
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| Et pas seulement dans les Etats-Unis, assurait-il. "J'ai connaissance du fait que Richard FROEMMING et son groupe se sont introduits dans un bureau de Toronto au Canada et ont volé des papiers relatifs à une réunion de Conseil qui avait eu lieu pour interdire les comédies d'éléphants dans les cirques", racontait KAPLAN | |||
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| "Je pensais que cela était assez immoral" dit KAPLAN. "Dois-je continuer ?" | |||
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Une
deuxième partie de cet article existe sur le site www.salon.com/news/feature/2001/08/30/circus/print.html
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Mesdames,
Mesdemoiselles, Messieurs :
REVEILLONS-NOUS ! NOUS AVONS TROP DORMIS ! " Ne croyez jamais que quelques individus bien intentionnés ne peuvent pas changer le monde En fait, on ne l'a jamais changé autrement. " |
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