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7 rue Lamartine 06000 NICE |
Pour
que ici et maintenant la cruauté envers les animaux ne soit plus
tolérée
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Tél
et Fax. 04.93.85.59.50
Sur Internet. www.stop-abus-animal.com |
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J'étais
un tueur de poissons
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| par Steve Hindi | ||||
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Publié
pour la première fois dans Animal People en Mai 1996
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| J'ai commencé à pêcher à l'âge de 5 ans, avec mon frère Greg qui est plus jeune que moi d'un an. Chacun de nous capturait une perche dans un lac de St. Paul dans le Minnesota. Fascinés, nous regardions les deux perches nager dans un petit seau jusqu'à ce que la première puis le seconde meure. Je ne me souviens pas ce qu'il advenait de leur corps, mais je sais qu'elles n'étaient pas assez grosses pour être mangées. Les perches sont nombreuses et faciles à attraper, elles sont de ce fait considérées comme une espèce adaptée à l'entraînement pour la pêche. Beaucoup de membres des deux côtés de ma famille étaient pêcheurs, chasseurs, trappeurs ou exploitants de ranchs. On ne se souciait pas de quelques perches mortes. Comme la plupart des enfants, nous avons appris ce que l'on nous a enseigné, mettant de côté les scrupules que nous aurions pu avoir. Notre mère nous a élevé avec le respect des chats et des chiens, recueillant régulièrement des animaux errants, en dépit de projets de construction qui nous l'interdisaient. Cependant, on nous disait que les poissons n'avaient pas de sensibilité, et nous les tuions sans retenue. Nos 10 premières années, nous les avons passées à poursuivre le panfish, car ils étaient répandus dans les lacs où nous pouvions nous y rendre à pied. Parfois, des membres de notre famille nous conduisaient à d'autres lacs. Au cour d'une bonne journée, nous pouvions remplir plusieurs seaux de stringers, de sunfish, crappies, bullheads et de perches. Parfois, ils étaient mangés, mais parfois ils étaient simplement jetés. La chose la plus importante était l'acquisition: la victoire. | ||||
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| A partir de nos 10 ans, nous pêchions aussi la carpe. Bien qu'elle soit considérée comme une espèce à jeter, non reconnue comme du "gibier", elles sont bien plus grosses et se défendent bien. Les carpes étaient habituellement laissées à suffoquer sur la rive. On nous disait que c'était bien pour les autres poissons du lac, car les carpes étaient supposées rendre le fond vaseux. Parfois j'avais une pensée fugace en me demandant si ces animaux souffraient à haleter ainsi sur la rive. Tout comme les poissons-chats et les bullheads, les carpes suffoquent pendant une longue durée. Au bout d'un certain temps, nous frappions les têtes des carpes avec des pierres pour les tuer rapidement. Une fois, nous avons apporté des pétards au lac. Nous en avons mis un dans les branchies d'une grosse carpe, avons allumé la maiche imperméable et nous avons relâché l'animal. Quelques secondes plus tard, il y a eu sur l'eau une éruption et de gouttes rouges. Quand l'eau boueuse s'était éclaircie, nous avons vu la tête de la carpe détachée de son corps. J'ai regardé les morceaux de chair faire des va-et-vient dans le courant. Des petits poissons les inspectaient avec curiosité. Etrangement, nous nous sentions mal à l'aise à propos de ce geste, bien que personne ne nous ait dit quoi que ce soit. Nous ne l'avons pas refait. En repensant à cela, cependant, je pense que la victime a beaucoup moins souffert que celles qui ont suffoqué. | ||||
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| A l'approche de nos vingt ans nous avions nos propres véhicules, nous nous sommes alors intéressés à d'autres lacs et à des poissons plus gros - truite, bass, walleyes et northern pike. De tous, les northerns étaient mes préférés, à cause de leur nature agressive. Souvent nous achetions de gros 'sucker minnows' comme appât. Les suckers étaient attachés juste sous et à l'arrière de la nageoire dorsale, de façon à ce que l'appât puisse bouger au maximum et afin de maximiser sa durée de vie. Certains pêcheurs passaient l'hameçon à travers les yeux. Les suckers étaient lancés et suspendus à un bouchon, ou étaient retenus vers le fond par un plomb. Le bouchon était assez gros pour empêcher le vairon de l'entraîner sous l'eau, mais assez petit pour être emporté sous l'eau par un prédateur plus gros qui s'emparait du vairon. Bien que l'on nous ait dit, et nous voulions croire, que les poissons ne ressentaient pas la peur et la douleur, nous savions presque à chaque fois lorsqu'un prédateur approchait le sucker. Le bouchon commençait par rebondir et bouger; bien que le sucker n'était pas assez gros pour couler le bouchon, son état de panique était évident. Le bouchon sursautait, vibrait, et s'enfonçait doucement dans l'eau à mesure que le plus gros poisson approchait. Souvent le prédateur frappait seulement le sucker et le laissait aller, pressentant probablement que quelque chose n'était pas normal. Nous remontions le petit poisson et nous apercevions qu'il était souvent encore vivant mais découpé en lambeaux. | ||||
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| A un moment, j'ai décidé que la pêche avec un appât vivant était cruel et pas particulièrement "sportif", et j'ai continué la pêche avec des leurres artificiels ou des appâts morts. J'ai pensé que cela serait plus humain. Le temps passant, nous étions de plus en plus sensibles aux arguments éthiques et de préservation, au moins superficiellement. Les porte-paroles pour la pêche commençaient à parler de pêche où l'on relâchait le poisson capturé. Cela, assuraient t-ils, préserverait l'avenir de nos victimes, et la tradition des humains de les harasser et de les tuer. Dans la pêche avec relâche, nous pourrions capturer notre proie, lui permettant de souffrir lorsqu'elle lutte pour sa survie, et ensuite la relâcher en espérant qu'elle survivra pour pouvoir subir à nouveau cette torture. Ce que nous n'avons jamais pris la peine d'admettre était qu'aucune recherche de nourriture, qui est la raison de base des chasseurs, n'était présente dans cette nouvelle éthique. Déjà que nous ne voulions pas admettre que la grande majorité d'entre-nous mettaient les hameçons dans la bouche, les yeux, la langue, la gorge et les organes internes des animaux simplement parce que nous aimions la sensation de leur lutte contre notre cruauté. | ||||
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| A peu près au même moment que la pêche avec relâche devînt populaire, est apparue une autre démarche tendant à faire de l'abus des poissons quelque chose de plus sportif. Cette fois-ci, les gourous éthiques ont décidé que les pêcheurs devaient utiliser un équipement plus léger pour combattre nos victimes. Cela n'est pas un hasard que ce mouvement engendra de nouvelles perspectives de profits. Il y a eu des moulinets plus petits, des lignes plus légères et des cannes plus légères faites de nouveaux matériaux. De nouvelles classifications des records ont été mises en place qui permettaient à presque chacun d'avoir une chance de décrocher un 'record mondial' car il ou elle avait tué un poisson d'une taille particulière avec un équipement particulier. Les magazines de pêche ont enseigné aux pêcheurs à la ligne de nouvelles méthodes pour utiliser ce matériel ultra léger. Selon moi, les méthodes ultra légères ont été très efficaces pour détruire de nombreuses espèces de poissons. | ||||
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| Bien sûr, l'utilisation d'équipement ultra léger condamnait nos victimes à plus de souffrance qu'avant au nom de la sportivité. Nous pensions que c'était bien. Un petit poisson pouvait être combattu non pas pendant quelques minutes, mais peut-être pendant un quart d'heure, une demi-heure ou plus. Ayant beaucoup investi dans du matériel ultra léger, j'étais en mesure dans certains cas de faire durer les souffrances de ma victime pendant des heures. J'ai même écrit des articles à ce sujet dans des revues de pêche locales. Aux environs de mes vingt ans, j'ai continué ma quête de poissons plus gros. Un des mes objectifs était de pêcher un poisson de plus de 20 kilos. Pour un pêcheur d'eau douce du Midwest, cela n'était pas facile. Peu d'espèces de poissons d'eau douce atteignent les 20 kilos. Je voulais un saumon, soit un muskie ou un chinook, et pour cela, pendant des années, je dépensais beaucoup de temps, d'efforts et d'argent dans les eaux américaines et canadiennes à la recherche de mon trophée. Lorsque je ne pêchais pas, je travaillais pour gagner l'argent nécessaire pour poursuivre le poisson, je préparais mon expédition suivante ou je lisais des articles sur mon obsession. Un livre de la bibliothèque au sujet de la pêche au requin m'a presque immédiatement convaincu d'essayer. Dans les mois qui suivirent, j'ai préparé un voyage vers l'océan Atlantique. | ||||
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| Au début, ma conversion à la pêche au requin semblait dissiper une voix tranquille mais tenace qui suggérait que le fait de tuer des animaux, particulièrement s'ils étaient plus petits que moi, n'était pas vraiment défendable comme passe-temps. Certaines espèces de poissons sont soumises à une pression considérable par les humains, mais je me disais, tout comme le pensent toujours les pêcheurs sportifs, que les pêcheurs commerciaux sont ceux qui causent les vrais dégâts. Les pêcheurs commerciaux, bien sûr, clament le contraire. En réalité, il y a une très subtile, souvent imperceptible différence entre les deux factions. Nous sommes tous coupables, bien que peu de ceux qui pêchent encore veulent l'admettre. Au printemps 1985, je me suis rendu en voiture à Montauk Point (Long Island, New York). Je me suis immédiatement rendu compte que mes préparations étaient totalement inadaptées. Néanmoins, par un coup de chance et par stupidité macho, j'ai réussi à tuer un requin mako de 2,50 mètres et 115 kilos, malgré un bateau et un équipement sous-dimensionnés. Mon histoire de pêche a fait l'objet d'un article dans le New York Daily News. | ||||
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| Pendant les années qui ont suivi, j'ai entendu mon histoire racontée par certains qui ne savaient pas que j'en étais l'acteur humain, et cela renforçait mon amour-propre. Les pêcheurs adorent raconter des histoires, qu'ils en soient les acteurs ou pas. Chaque année, le poisson devînt plus grand et le bateau plus petit. En vérité, j'avais attiré dans une embuscade un poisson qui était simplement en train de chercher son repas, et l'ai soumis à 5 heures d'agonie avant de le tuer. Pendant des années, ce requin a été accroché au mur de mon bureau. | ||||
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| A la maison, il y avait d'autres corps d'animaux, en témoignage de mon manque d'assurance, de mon insensibilité, et de mon enthousiasme de tuer pour le plaisir. En repensant à cela, toutes ces choses me paraissent plutôt macabres. Pendant les années qui ont suivi, j'allais à l'océan au moins deux fois par an, pour 2 à 3 semaines à chaque fois. J'ai acheté un nouveau bateau, prévu pour la pêche en mer, et je l'ai appelé "One Resolve" (Une Résolution), à cause de ma détermination à vouloir chasser et tuer un rare requin blanc de plus de 500 kilos. | ||||
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| J'ai volé les vies d'innombrables victimes de nombreuses espèces. Mais ce qui aurait du être la réalisation du rêve d'un tueur perdait son plaisir au fil du temps et des morts. A l'occasion, nous allions pêcher le thon de nuit au large. Les thons sont de gros poissons, puissants, avec des corps raides. Lorsqu'ils sont sur le pont du bateau, ils battent leur queue incroyablement vite et furieusement. Ils peuvent casser le pied d'un pêcheur. Lorsque ça mordait bien, le pont du bateau pouvait être littéralement recouvert de thons luttant pour leur survie. Afin de les calmer, nous mettions simplement un tissu sur leur oeil apparent pour leur cacher la lumière, un peu comme on fait avec un cheval. C'était un problème. Un peu comme un cheval ? Comment comme un cheval ? Je ne ferais pas cela à un cheval. Pourquoi est-ce que je faisais cela ? Pendant des années, je me suis arrangé pour ne pas répondre à cette question | ||||
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| CHUMMING (Déchets de poissons servant d'appât) | ||||
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| Il y avait aussi les fois où les oiseaux marins dérangeaient nos lignes attirés par la nappe de graisse du 'chum'. Cette préparation de déchets est une mixture visqueuse de poisson haché, déversée dans l'eau pour attirer les requins. Cela attire aussi les oiseaux, qui piquent pour attraper des morceaux de poisson. Parfois, les oiseaux heurtaient nos lignes, ou avaient temporairement les pattes accrochées à la ligne. Un jour que les requins ne voulaient pas mordre, j'étais dans une situation que je ne pouvais pas tolérer. Un oiseau particulièrement intrépide refusa de réagir à mes cris, aux gestes de ma main ou toute autre chose que je faisais pour le dissuader. Alors je lui ai tiré dessus. A cette faible portée, il est mort immédiatement. Son corps bascula et ses pattes se sont agitées. Bien que mon esprit logique savait qu'il était bien mort, ma conscience me disait que j'avais fait quelque chose de lamentable, et que je devais l'achever. Mais le fusil de chasse se bloqua. Les 30 secondes qui suivirent m'ont semblé durer 30 minutes alors que les pattes de l'oiseau frappaient et "couraient", et se sont arrêtées lentement. Il s'est écoulé près d'une demi-heure avant que son corps flotte hors de ma vue. J'ai regardé presque tout le temps, sachant que j'étais le plus gros con du monde, essayant désespérément et sans succès de me persuader que j'avais une bonne raison de faire cela. Ensuite mon frère et moi avons rencontré un bébé requin mako près du bateau, dans la nappe de chum. Les requins mako semblent très craintifs, avec de grandes dents tordues et des yeux noirs comme du charbon qui font qu'ils semblent en permanence enragés. Mais ce modèle miniature d'environ 10 kilos était vraiment mignon, comme un lionceau essayant de se mettre en valeur avec des grognements de bébé et des petits sauts, simulant une attaque. Mon frère Greg demanda s'il pouvait capturer le bébé, et le faire empailler. C'était une pratique usuelle, mais que je détestais. Ce n'était après tout qu'un bébé. Du point de vue d'un pêcheur, cependant, il était bien moins cher à empailler, et n'aurait pas nécessité une grande place d'exposition, comme pour un gros poisson. Initialement j'ai refusé la capture, mais lorsque le bébé est resté près de nous pour s'empiffrait de chum, une version bien triste de l'amour fraternel a pris le dessus. Aucun effort n'a été nécessaire pour capturer le bébé. Greg mis un maquereau mort devant lui, l'attrapa, l'accrocha et le balança sur le bateau, dans une cale à poisson. Nous n'avons pas tiré sur le bébé ni frappé sa tête, cela aurait abimé son corps. Je ne me souviens pas combien de temps il lui a fallu pour mourir, mais cela a été long. De temps en temps, j'ouvrais la trappe pour voir s'il était mort et il me regardait. Les requins peuvent bouger leurs yeux, et ils peuvent regarder et ils suivent ce qui se passe autour d'eux. Je n'oublierai jamais ce bébé qui me regardait alors que j'attendais qu'il meure. C'est peut-être à ce moment-là que je suis tombé au plus bas dans ma longue histoire de meurtrier. Puis vînt le jour où un ami et moi avons attrapé le plus gros requin mako que j'aie jamais vu. Elle ressemblait à un missile balistique intercontinental quand elle sautait, et mon ami et moi avions si peur que nos jambes tremblaient. Cela allait être le trophée de notre vie. Au cours des 2 heures qui ont suivi, nous avons lutté et lutté juste pour amener l'énorme animal près du bateau. Mais un court instant après que le poisson ait commencé à faire les habituels cercles autour du bateau indiquant qu'il commençait à être fatigué, l'hameçon se décrocha. Elle a probablement été accrochée dans le corps à un autre endroit que dans la bouche. Nos rêves de "tuer un monstre" se sont brisés. Nous sommes retournés pêcher au même endroit pendant le reste de notre séjour mais sans jamais revoir notre "trophée". Lorsque nous étions prêts à rentrer à la maison, nous étions toujours en train de bouder comme des chiots qui ont été grondés. Je ronchonnai et fis part de ma déception au responsable de la marina, avec qui nous étions devenus bons amis. Sa réponse a été différente de ce que j'imaginais. Il me fixa dans les yeux et me dit "Steve, je suis content que tu n'aies pas tué ce poisson." J'étais si étonné que je n'ai rien dit. Il me dit qu'un si gros requin mako était presque certainement une femelle. Il me dit qu'il avait appris récemment que les femelles devaient atteindre un poids de plusieurs centaines de livres avant d'atteindre l'âge de procréer. Vu le déclin de la population de requins mako, il m'a dit qu'il fallait arrêter de les tuer. Cela me parut censé, même si je voulais toujours ce "trophée." Puis il me dit "je vais te dire la vérité, je ne sais pas combien de morts de plus je peux supporter". Oh merde. Maintenant cette voix harcelante que j'entendais depuis des années n'était plus seulement au fond de mon esprit. Elle était formulée juste devant moi, par un ami. Je ne savais pas quoi dire, excepté murmurer que je respectais son opinion. Je ne disais pas que j'avais de plus en plus de difficultés moi-même à nier ce sentiment en moi. | ||||
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| Une des dernières gouttes est venue à un moment bien inattendu. Je pêchais avec un ami et collègue de travail prénommé Rick, avec qui j'avais fait un certain nombre de parties de pêche réussies par le passé. Nous avons attrapé un requin mako de 100 kilos juste en fin de journée. Le poisson sauta à maintes reprises et se battit durement, ce qui nous donna beaucoup de plaisir. Après avoir amené la victime près du bateau, j'ai tiré avec mon 357 magnum, juste sur le haut de la tête, ce qui l'a tué immédiatement. Rick et moi avons amené la victime tout près du bateau , et comme à l'habitude, j'ai enfoncé mon couteau de chasse derrière sa tête pour lui couper la colonne vertébrale. Cela permet de s'assurer que le requin, qui est tenace à vouloir rester en vie, était vraiment mort. Alors que le beau bleu du mako commençait à devenir gris, je me suis tourné vers Rick et lui ai dit "Tu sais, je n'aime plus ça comme avant". Voilà, c'était dit. Ce sentiment qui me tourmentait depuis si longtemps avait maintenant une voix, et c'était la mienne. Et cela devînt plus étrange lorsque Rick, perdant son sourire, me dit, "Tu sais, je ressens la même chose". Qu'est qu'il devienait, mon monde? | ||||
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| HEGINS | ||||
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| Je
ne sais pas combien de temps aurait pu durer le fait que j'ignore mon observation
que je faisais quelque chose d'indéfendable. Cela aurait pu durer
des années. Heureusement, Hegins en Pennsylvanie est proche de la
route que je prenais pour aller de Chicago à Montauk. Alors que je
me rendais à mon bateau un jour de 1989, j'ai décidé
de m'arrêter et regarder le tristement célèbre tirs
aux pigeons du jour de la fête du travail. Après avoir été
témoin de mon premier tir de pigeon, la perception que j'avais de
mes trophées animaux n'a plus été la même. Mais
je n'ai pas pu quitter le fait de tuer facilement. Au départ, cela
n'a jamais traversé mon esprit que j'allais arrêter de faire
ce que je faisais depuis trois décennies. Mon intention était
de faire stopper ces ignobles tirs de pigeons, puis d'en venir aux choses
ignobles que je faisais moi-même. J'ai parlé à mes amis
de pêche et de chasse pour leur demander de l'aide pour combattre
ces tirs de pigeons, qui étaient comme je l'expliquais, non seulement
contraires à l'éthique, mais mettait sur nous "sportifs
légitimes" un mauvais regard. A l'exception de mon frère,
aucun de ces grands chasseurs "défenseurs de l'environnement"
ne voulait prendre un peu de temps sur leur temps de chasse pour aider à
protéger les animaux. Cela était environ un an avant que j'arrête
de pratiquer les sports sanguinaires. Dieu sait à quel point j'ai
dû lutter pour continuer à tuer. Arrêter les sports de
sang voulait dire accepter tout un ensemble de nouvelles valeurs, et finalement
avoir une dette que je ne pourrais jamais rembourser. Mais après
Hegins, il est devenu clair que j'allais devoir essayer. Greg et moi avons
enterré nos "trophées", y compris mon premier requin
et le bébé mako, dans une tombe sur la propriété
familiale, près des tombes des membres bien-aimés non-humains
de notre famille. J'ai donné mon bateau One Resolve (Une Résolution)
à la Shepherd Conservation Society. Alors que je lui disais au revoir
en pleurant, je l'ai rebaptisé New Resolve (Nouvelle Résolution),
car il allait être à présent utilisé pour sauver
des vies au lieu de les prendre, en portant secours aux animaux marins en
difficulté, et en patrouillant à la recherche des braconniers.
Quelques années plus tard, nous nous sommes même retrouvés
sur la côte de Californie, lors de tentatives d'empêcher l'aquarium
de Chicago de capturer des dauphins. Lorsque j'ai commencé à
parler de pêche à des activistes en 1989 à Hegins, une
personne m'a demandé "Continueriez-vous à pêcher
si les poissons avaient des cordes vocales ?" Je pense que la réponse
dans la plupart des cas serait non. La pêche est populaire car justement
les poissons n'ont pas la possibilité de communiquer leur souffrance
aussi facilement que les chats, les chiens, les vaches ou les autres mammifères.
Mais je sais qu'ils souffrent beaucoup, comme cela serait le cas si nous
devions subir les terribles traitements qu'ils subissent. Bien que beaucoup
de gens puissent au départ être étonnés à
l'idée que les poissons puissent souffrir, je pense que la société
peut comprendre cela. Et si nous pouvons faire ressentir les gens pour ceux
qui ne peuvent pas crier leur souffrance, alors que ressentiront-ils en
plus pour ceux qui peuvent crier ? |
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Mesdames,
Mesdemoiselles, Messieurs :
REVEILLONS-NOUS ! NOUS AVONS TROP DORMIS ! " Ne croyez jamais que quelques individus bien intentionnés ne peuvent pas changer le monde En fait, on ne l'a jamais changé autrement. " |
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